L’exactitude, maître-mot de l’avocat à Meaux
Effectivement, les conseils juridique de avocat meaux ne valent que s’ils remplissent la condition sine qua non de l’excactitude.
— Oscar Wilde.
PREMIÈRE DJCTÉE. — « Plus je réfléchis sur (DESSUS) les motifs « qui nous ont portés à la guerre et sur la nécessité où nous « sommes réduits, plus (ET PLUS) je suis persuadé que la jour« née d’aujourd’hui, plus heureuse que toute autre, doit être « par votre union le prélude de l’indépendance des fiers Bre« tons. D’abord, tous, tant (AUTANT) que nous sommes, nous « avons joui d’une liberté entière, nous n’avons pas connu de « maître ; ensuite, quelle contrée nous est- il resté, où nous « puissions nous réfugier ? Les mers mêmes ne sont-elles pas « gardées par la flotte romaine ? Les combats, que les braves « ont regardés comme le parti le plus noble, seraient même « pour les plus lâches le parti le plus sûr. Un grand nombre « ae batailles que nous avons livrées aux Romains ont eu (A EU) « des issues variées et toutes (TOUT) différentes : c’étaient des « alternatives de revers et de succès ; mais elles ont laissé surit vivre, toutes (TOUT) malheureuses qu’elles ont (AIENT) été, la plus « noble portion des Bretons placés ici, comme dans (DEDANS) « un sanctuaire, et qui, n’apercevant même pas les rivages « asservis à des maîtres, ont conservé jusqu’à leurs regards « purs des atteintes de la tyrannie. Derniers restes de la
« liberté, nous nous sommes trouvés naturellement défendus par t l’éloignement de la contrée, dans laquelle (DANS QUI) nous a « montrés la Renommée.
DEUXIÈME DICTÉE. — « Les ravisseurs du monde entier, depuis « que la terre a manqué à leurs dévastations, sont venus fouil« 1er les mers. D’après les horreurs que vous les avez vus t commettre, attendez-vous (ESPÉREZ-VOCS) pour demander ven« geance qu’ils en aient commis d’autres? Ne les avez-vous « pas vus poursuivre par avarice les nations opulentes, par va« nité les nations pauvres? Ni l’Orient, ni l’Occident ne les ont « (A) assouvis. Ce sont (C’EST) les seuls, d’entre tous les peuples, c que l’indigence comme les richesses ait (ONT) irrités. Prendre, « piller, massacrer, c’est (CE SONT) là leur empire. Quant à la a paix, c’est (CE SONT) la dévastation et la ruine qu’ils ont ainsi « appelées. Nos parents, nos enfants même, les plus chers « objets que nous ait donnés la nature, sont traînés (TRAÎNÉ) en « servitude loin de nous, sans que nous ayions (AVIONS) rien « fait pour empêcher qu’on ne nous les ravît (QUE L’ON NOUS LES « RAVISSE). Une foule de malheureux, que la guerre avait « rendus (RENDU) esclaves, demandaient naguère notre protection « et voulaient que nous devinssions leurs (EN DEVENIONS LES) « défenseurs ; la foule des victimes s’est accrue (SE SONT ACCRUES) c de jour en jour, et ces victimes se sont lassées de demander t notre appui, découragées par le peu de sympathie que nous « leur (LEURS) avions montré. Comme dans une troupe d’es« claves, ce sont (C’EST) les nouveaux venus qui servent de « jouets aux autres; aussi, dans cette foule de nations qu’ils ont « assujéties, nous sommes les seuls qui soient (SOYIONS) l’objet « de leurs insultes et de leurs fureurs. Jusques à quand (JUSQF’A « QUAND) souffrirez-vous de pareilles indignités?
TROISIÈME DICTÉE. — « Non-seulement nos terres, mais nos « ports mêmes nous on t enlevés, malgré tous les efforts que « nous avons faits et toutes les fatigues que nous ont coûtées « nos dernières campagnes N’oublions pas surtout les douleurs « qu’elles nous ont values, à cause du peu de réussite qu’elles « ont eu * pour nous. Combien de travaux et de peines ne nous « en a-t-il pas coûté, pour franchir tant d’obstacles que , (COMME) c nous avons eu à surmonter ! Combien de douleurs n’avons« nous pas éprouvées ! Un peu plus tôt, un peu plus tard, il 4 faut que nous nous vengions. Jurons de mourir plutôt que « de tomber vivants (VIVANT) entre les mains de nos ennemis; « dérobons-nous ainsi aux tortures qui nous sont réservées : « car nous ne pourrions trouver grâce auprès de ces barbares; « ils ne font grâce (NE LA FONT) à personne, insatiables qu’ils
« sont dans (DEDANS) leur soif et leur cupidité (ET CUPIDITÉ). De « toutes les forces qu’ils ont combattues, c’est nous qui leur « avons résisté le plus (DAVANTAGE). Continuons à les bra« ver. La justice de notre cause enn Jblira (ANOBLIRA) nos ac« tions. Tenons ferme dans la résolution que nous avons for« mée. Ne vous contredisez (CONTREDITES) pas dans les choses « que vous avez dites (DIT), ne vous dédisez (DÉDITES) pas dans « les serments que vous avez cru juste de prêter à la Patrie.
« Je vous ferai obsnver ^OBSERVERAI), pour la dernière fois, que « vous n’avez nulle grâce à espérer , si vous êtes vaincus. Ne « croyez pas que vous voyiez jamais ces barbares revenir à des « sentiments plus modères. Vous ne les fléchirez pas : car ils « ne sauraient être fléchis (L’ÊTRE) par aucune puissance du « monde. Pour vous épargner (ÉVITER) à vous et à vos descen« dants les horreurs de la servitude, jurez de périr tous jus« qu’au dernier , ou de faire subir une vengeance éclatante à « vos ennemis.
QUATRIÈME DICTÉE. — 1 Les Trinobantes, qu’une femme s’était « flattée avec raison qu’elle aurait conduits (CONDUIT) à la vic« toire, ont réduit en cendres une colonie tout entière ; et ces « mêmes hommes, s’ils avaient empêché que la prospérité ne « les plongeât (PLONGE) dans l’engourdissement, s’ils ne s’étaient « pas laissés tomber dans une coupable indifférence, auraient « certainement secoué le joug de leurs tyrans et conquis leur « indépendance. Tandis que nous, q îelque bons soldats que « nous soyions (SOMMES), quelque bravos que nous nous soyions « (SOMMES) montrés jusqu’ici, nous ne pourrions pas, dès le « premier moment, montrer quels ho nmes la Calédonie s’est « réservés pour sa défense, ni (ET) pro iver que notre nation est « le (LA) plus terrible, alors qu’elle est le (LA) plus malheureuse.
« Il faut que nous voyions nos forces de toute autre manière « que nous les avons envisagées jusqu’ici ; il faut que nous « ayions confiance en nous-mêmes. Alors nous vaincrons nos « ennemis ; nous nous glorifierons un jour d’avoir conquis cette « liberté, pour laquelle (Qui) nous sommes toujours prêts à 1 (PRÈS DE) verser jusqu’à la dernière goutte de notre sang.

1 Puissent nos ennemis voir que nous ne pourrons (NOUS « POURRONS) jamais, quelle qu’ils supposent leur supériorité, et 1 si sûrs qu’ils se croient de la victoire, nous soumettre à leur « despotisme avocat meaux militaire, ni (ET) nous laisser charger de chaînes « comme un troupeau d’esclaves. Si talle est notre pensée, et « que nous soyions (SOMMES) fermes dans notre résolution, nous « sommes sûrs de la victoire. Braves Bretons, encouragez-vous « les uns les autres (L’UN L’AUTRE) à la vengeance, et montrez « que notre armée, qui est tout oreilles pour écouter les ordres, « est aussi toute (TOUT) valeur, tout intrépidité pour les exécuter. »
14. – DE LA VERTU.
PREMIÈRE DICTÉE. — Rien d’aussi (DE SI) rare qu’un (COMME UN) Jiomme vertueux, parce que, pour l’être en eflet, il faut avoir le courage de se montrer tel, en quelque circonstance que ce soit, quoi qu’il (MALGRÉ QU’IL) en coûte, quels que soient (SONT) les obstacles qu’on rencontre, de quelques grandes infortunes qu’on (QUE L’ON) se croie menacé, et même quelques dangers que l’on coure. Il faut être prêt à (PRÈS DE) tout sacrifier, plutôt que de violer ces lois d’éternelle justice, qui sont le plus sûr garant du bonheur individuel, comme le plus solide fondement de la prospérité des empires.
Ces héros d’honneur et de probité que le monde a toujours tant (AUTANT) vantés, tant (AUTANT) glorifiés, n’ont eu souvent au fond, pour eux, que la crédulité ou l’erreur publique. Ils se sont montrés amis fidèles, je le veux bien ; mais vous ne nierez pas que ce ne soit (c EST) la vanité ou l’intérêt qui les a (ONT) liés plutôt qu’une sympathie toute (TOUT) naturelle, et vous ne disconviendrez pas non plus (AUSSI), quand vous les aurez bien observés, que, dans leurs prétendns amis, ils n’aient (AIENT) véritablement aimé qu’eux-mêmes. Les a-t-on vus (vu) agir comme de (DES) bons citoyens, c’est (CE SONT) la gloire et les honneurs, les seuls mobiles qui les aient (ONT) guidés ; et, quand ils ont cru (CRUS) en avoir convaincu leurs semblables, ils sont persuadés (ESPÈRENT) qu’ils ont accompli leur mission à l’égard (vis-A-vis) de l’humanité.
DEUXIÈME DICTÉE. — Quelques peines que certaines gens se soient (SONT) données, quelques soins qu’il leur en ait (A) coûté pour tromper l’opinion publique, quelque bons citoyens même que nous les croyions et que chacun (CHAQUE) les croie, ils sont toujours, un peu plus tôt, un peu plus tard, appréciés à leur juste valeur, dès que nous avons compris ce que c’était que ces prétendues qualités dont ils faisaient parade, et que nous avons sues n’être (QUI N’ÉTAIENT) que de (DES) fausses vertus. Oh ! l’opinion que nous en avions conçue alors, s’est changée tout-à-coup (TOUT VON COUP) ; aux éloges que leur avaient valus quelquesunes (QUELQU’UNES) de leurs actions, a (ONT) bientôt succédé le blâme, la réprobation universelle : car tous (TOUTES) les honnêtes gens se sont rangés de notre côté, et voici (VOILA) le motif pour quoi un tel changement s’est opéré : c’est que le monde, quoi qu’on en dise (MALGRÉ QUE L’ON EN DIT), ne respecte et n’estime que la vertu. 1
15. – DISCIPLINE MILITAIRE CHEZ LES ROMAINS.
PREMIÈRE DICTÉE. — Combien de guerres les Romains n’ontils pas soutenues contre des ennemis qu’ils ont cru nécessaire de combattre, quoique (MALGRÉ QUE) ces derniers leur fussent (LEURS ÉTAIENT) supérieurs en nombre ! Combien n’en ont ils pas terminées (TERMINÉ) à leur avantage ! Eh bien ! tous les prodiges qui se sont opérés, toutes les conquêtes qui se sont rapidement succédé (SUCCÉDÉES; et, enfin, tous les succès qu’ils ont obtenus dans (DEDANS) les beaux jours de la République, ils les ont dus (DÛ) beaucoup à la sévérité de la discipline militaire. Quelques dangers qu’ils aient (ONT) courus, quelques grandes pertes qu’ils aient (ONT) quelquefois essuyées , quelque malheureux qu’ils se soient (SONT) vus dans quelques-unes (QUELQU’UNES) des guerres qu’ils se sont attirées, ou qu’on leur (QUE L’ON LEUR) a déclarées volontairement, n’a-ce pas été dans la force du commandement qu’ils (où ILS) ont trouvé des ressources pour relever leur gloire et faire oublier leurs défaites? Se sont-ils déclarés contre les Latins, peuple aussi aguerri qu’ (COMME) eux-mêmes ? Manlius, après avoir recommandé la sévérité de la discipline, a sacrifié la personne qui lui était la (EST LE) plus chère : son propre fils, qui, sans ordre, avait vaincu. Il est vrai que dans toute autre circonstance, cette sévérité aurait été traitée de barbarie ; mais depuis longtemps cette nation s’était convaincue que , lorsque la discipline est le (ÉTAIT LA) plus sévère elle est (ELLE ÉTAIT) aussi le (LA) mieux observée. Les lois liaient les Romains chacun (CHAQUE) en ce qui le (LES) concernait. Citoyens, soldats, tout le monde en respectait la (RESPECTAIT LEUR) rigueur. Aussi a-t-on vu Scipion Emilien priver son armée de tout ce qui l’avait amollie, après la défaite qu’elle avait essuyée à Numance.
DEUXIÈME DICTÉE. — Les légions ont-elles passé sous le joug en Numidie, leur honte, leur déshonneur s’est (SE SONT) effacé dès que Métellus leur a fait reprendre les institutions anciennes.
Les Marius et les Sylla se sont conduits avec tout autant de sévérité, et se sont applaudis plus d’une fois des succès qu’ils avaient obtenus (OBTINRENT) par la rigueur de leur discipline.
C’étaient des chefs opiniâtres qui ne voulaient faire que ce qui leur plaisait. L’un (CELUI-CI), dans la guerre qu’il a eue à soutenir contre les Cimbres et les Teutons (ET TEUTONS), pour empêcher que le courage de ses troupes ne s’enervdt (S’ÉNERVE), les a occupés à détourner les fleuves ; et les soldats exécutaient les ordres de Marius ; Vautre (CELUI-LA) a si bien fait travailler son armée, tout effrayée de la guerre contre Mithridate, que, presque succombant sous le (AU) poids de leurs fatigues, ses soldats